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jeudi 7 février 2008

WISHBONE ASH ~ Le Plan. Ris-Orangis.












Première Partie : MELLINO



Ce qu’en a pensé Vik :

« Rock 'n roll keeps dragging me, Where I don't know and you can't see. … Il faut se dépêcher car l'Essonne (? Eh oui !), ce n'est pas exactement "la porte à côté", quand on habite au Nord-Ouest de Paris, et, Marco le nostalgique, chargé d’appareils photos comme un pro (sans Cathy ce soir…) et moi, nous avons fait le choix de la voiture pour nous y rendre. Ce soir, c’est au Plan, salle mythique et endroit branchés rock de Ris-Orangis, le concert de Wishbone Ash : les Twin Guitars, un groupe de rock franchement sous-estimé, presque méconnu parmi les grands, 35 ans de carrière, affecté par de multiples changements de personnel… Pas d’écoute en boucle en voiture, absence de lecteur oblige, mais l’achat utile, pour remplacer le vinyle, ce mois-ci, de l’album remasterisé « Argus » (1972)… le troisième opus du groupe, qui l’avait propulsé définitivement au rang de légende du Rock, avec sa magnifique pochette de collection signée Hipgnosis, magie sonore indémodable, pièce maîtresse pour les amateurs de Rock des 70’s, ces années de création et de nouvelles sonorités… De quoi me redonner l’envie de revoir le groupe sur scène, dans le cadre de cet « Argus Tour 2008 ». Un concert événement ? Peut-être pas… il ne faut pas exagérer, mais trois décennies et demi ont marqué une page d'histoire, créé une légende : avec une quantité impressionnante d’albums (mais pas beaucoup de chefs-d’œuvre !), Wishbone Ash furent les pionniers du jeu à deux guitares, au même titre que The Allman Brothers (suivirent Thin Lyzzy, Status Quo, Iron Maiden…), et restent un excellent groupe à voir et écouter avec une bonne bière à la main. Cool, aujourd’hui, concert « classique parmi les classiques » en perspective, sans transpiration excessive.

Après une heure de traversée de villes de banlieue, sous des nuages qui ont bien voulu s'éclipser, et sous un défilé d’avions en train d’atterrir, nous arrivons vers 19h00 rue Roy Gallagher (hommage posthume à ce guitar hero), au numéro 1, face à des entrepôts… le Plan, un pavillon assez discret, au milieu de la brousse, avec un grand dessin sur un côté et un petit spot de lumière. Pas d'affiche concernant Wishbone Ash, et il y a pas foule dehors, personne ne semble vouloir où pouvoir entrer dans l'immédiat, donc direction, juste à coté, le Resto ou la Brasserie, si on veut être précis, car ce soir c’est «andouillette ou steak, frites bien grasses …» à la place des habituels sandwiches. Plein de monde, ainsi que… les musiciens de Wishbone Ash, dans une ambiance familiale et avec la bière qui coule à flôt. Marco est ravi, il connaît tout le monde, il parle de ses souvenir rock, il serre des mains, à droite et à gauche, il embrasse ses copines… il est chez lui, une star, comme un poisson dans l’eau. Une petite attente au bar, à côté des repas insupportables, jusqu’à ce qu’un responsable nous laisse entrer : on accède enfin à la salle, quelques tables, un bar et une scène de 30m² a priori. Nouvelle invitation, on boit une bière pour attendre dans ce lieu historique du rock en banlieue : une petite salle, sombre, rouge et noire mais très sympa ! Une salle qui en a vu passer des groupes ! Petite scène au milieu et des spectateurs, bière à la main, qui commencent à rentrer doucement. La moitié du public est composée d'Essonniens, il y a une ambiance étrange « Bikers sur le retour », la moyenne d’âge n’est pas des plus basses, quelques mammouths, les fidèles du groupe, avec de très longs cheveux presque blancs, des survivants des années 70, perdus dans leur souvenirs, un brin nostalgique des hippies et des fleurs, et qui n’ont pas évolué dans leurs goûts musicaux. Étonnamment, on trouve aussi quelques jeunes ados (les enfants ?), qui semblent connaître leurs classiques, et qui s’installent tranquillement devant la scène, pour enfin voir en vrai les souvenirs des parents. Pas de groupies, mais des couples qui sûrement font leur sortie de la semaine, peu importe le concert. Un public bizarre, pas trop branché hard, rock ou new wave, qui parle de tout sauf de musique, qui boit… nous sommes bien « dans la brousse » ! Malgré tout, la salle est pleine et les musiciens peuvent être contents. Marco s’installe tranquille, pour pouvoir faire des photos, entre la barrière et la scène, moi je me place au milieu des enceintes. La salle n’est pas en ébullition, pas de cris, pas de olas… une attente un peu trop sereine, propice au sommeil.

20h37 : le peu de lumières s'éteint, et c’est la première partie : Mellino, un trio comprenant deux anciens des Négresses Vertes, entre sur la scène. Mais ouais, c'est bien lui, Stéfane, qui avait remplacé avec difficulté Helno, le leader charismatique de ce groupe de rock alternatif, mort d’une overdose. Le voilà de nouveau, Stéfane, guitariste chanteur, sa femme Iza au chant et au tambourin, et enfin un percussionniste inconnu. Ils mêlent allègrement « classiques Négresses », (Hasta llegar, Hey ! Maria, Sous le soleil de Bodega) et nouvelles compositions, belles mais moins accrocheuses, d’un futur album. C'est chaleureux et puissant. Ah, Stéfane ! On voit immédiatement en lui le maître de la guitare, un talent hors pair, prouvant qu’il faut encore compter avec lui. La tension, dans la salle, ne monte guère, malgré l’enthousiasme de Stéfane avec son excellente reprise rollingstonienne Jumping Jack Flash, et le classique des Négresses de 1988 Zobi la mouche… « On m'appelle Zobi, Oui c'est moi la mouche, J'suis pas tant crédible, Car on me trouve louche… » : ce soir, je dois être le seul à connaître ces mots par cœur, quand je pense que je les écoutais en boucle... Le set est très réussi, c'est une autre ambiance de rock, tantôt saturé tantôt calme, avec ces reprises d’un groupe disparu en version rumba gitane et ambiance tzigane, parsemées de flamenco, de variations ibériques, un mélange subtil de styles, et de voix, dont celle douce, vibrante et passionnelle d’Iza, avec une guitare solo mélodique, et d’excellentes percussions. J’ai été franchement surpris par cette prestation très agréable. Une mention spéciale pour le guitariste Stéphane, on sent le plaisir de jouer. Vraiment, ce groupe est à voir, mais pas en première partie, et surtout devant un autre public. J’en profite pour aller féliciter Mellino, récupérer la setlist, et leur signifier qu’on les attend pour leurs prochaines dates françaises. Il me sourit.

21h50, les lumières s’éteignent pour la dernière fois et Wishbone Ash entrent en scènes, enfin ! The king is still alive! Les silhouettes de Bob Skeat, Muddy Manninen, Joe Crabtree (nouveau batteur depuis mars 2007 pour remplacer Ray Weston), et du grand Andy Powell (caché derrière ses lunettes de soleil, avec son crâne bien lisse… seul rescapé de la formation originale de 1969) se positionnent dans l'obscurité. Le groupe fait ensuite confiance à un titre, Rapture Real Guitar Have Wings, pour mettre l’ambiance, et… ça marche ! L’excellent Ancient Remedy de 2002, ave ses harmonies vocales efficaces, semble convaincre les spectateurs, car la maîtrise de Muddy (dans le groupe depuis 2004) y est admirable, avec un son de cordes planant et sidéral. La voix légèrement voilée mais veloutée d’Andy est agréable. Le groupe affiche une cohésion et un groove qui font plaisir à voir et à entendre. Ça continue avec Number The Brave… et ensuite, agitation maximale dans la salle pour la très long intro juteuse, magistrale, envoûtante de The King Will Come, aux vocaux chauds et sobres. Suivi immédiatement d’autres reprises de « Argus », dans une majestueuse ascension mélodique : Throw Down The Sword, puissant, épique et inspiré après un démarrage posé, saccadé, exceptionnel avec son solo final à deux guitares… et enfin Sometime World où Andy (cinquante-huit ans et en plein forme) se montre le plus prolifique : il domine, emballant et presque hypnotique sur la fin pendant l'inévitable duel de guitares qui arrache les tripes (le miennes !) ! Après un démarrage lent et prenant, ils deviennent grandioses dans un registre très CSNY / America. Et que dire des deux passages « solo »… renversants, vraiment ! Les deux guitaristes vibrent à l’unisson en communicant leur énergie au public, faisant preuve d’une une sensibilité très proche, même si Muddy délivre les solos les plus fluides et Andy les plus épiques ou nerveux. Le public fait un véritable triomphe d'applaudissements pour ces chansons de légende, qui sont adorées par les fans depuis des décennies.
Bob (dans le groupe depuis 1998), sous sa casquette beige, est un sacre bassiste… un vrai pilier. Il connaît son instrument sur le bout des doigts et sort un jeu d'une force impressionnante. En parlant son, j'ai été tout simplement bluffé, c'est tout simplement un son de tueurs auquel on a eu le droit : puissant et clair, des riffs de guitares bien ronds et intelligibles, tous les instruments ayant leur place dans la musique du groupe. Wishbone Ash joue entre classique, blues, rock ou jazz, très proche de la filière « progressive ». Retour au nouvel album de 2007 avec The Power, la marque de fabrique du groupe est toujours là, la magie moins c’est vrai… mais tout change avec The Way Of The Word, une autre claque, avec cette basse en avant, ces deux grattes entremêlées... suit Vas Dis et son rythme jazzy, puis une nouvelle chanson, In Crisis, malheureusement éclipsée par les classiques… On arrive à la merveille Jail Bait, classique affichant à la fois rock dur et doux, marqué par des passages instrumentaux où se distinguent les deux guitaristes Andy et Muddy. Force est de constater qu'ils assurent grave. Toujours un son nickel, un groupe à fond dedans, bien énergique. Living Proof, rythmique irrésistible, jeu de basse impressionnant mis en valeur par les riffs cinglants de la deuxième lead du finlandais Muddy.

Andy pour placer le colossal Phoenix, encore du légendaire "Argus", somptueux, monumental de puissance et de maîtrise, avec un grand solo de Muddy tout simplement époustouflant, et un batteur vif et puissant qui malmène ses fûts. Grand morceau, tellement fluide, aérien, des guitares hurlantes et une ligne mélodique constante, très limpide et incontestablement brillante : presque 19 minutes qui pour quelque chose de véritablement spécial, la marque ultime et la pièce maîtresse (composée en 1970 pour leur premier et fabuleux album)… le titre emblématique du groupe, avec son long crescendo d'intro un peu « floydien »… la finesse d’Andy sur sa guitare Royal Angel fait merveille sur ce titre qui n'a pas vieilli. Quelle belle page d'éternité, quel fabuleux moment d'ivresse pour la clôture de ce set, avant le rappel ! Basé sur cet intro accrocheuse et lancinante, convergeant avec intensité, le rythme s’accélère pour aboutir à un duo de guitares à couper le souffle. Les twin-guitars font leur show ! Deux guitaristes qui se complètent parfaitement, s'appuyant sur des riffs d’exception, avec un bassiste de talent, des voix parfaitement équilibrées, une section rythmique impeccable : du rock qui n'est ni hard, ni soft, mais toujours efficace… Là, je suis vraiment ébahi ! Debout au milieu d'une fraternité, une fraternité de fans passionnés de la musique de Wishbone Ash !

Le public en redemande, et Andy et sa bande ne se font pas (trop) prier pour revenir jouer un rappel vibrant avec Happiness, en promo du dernier album "The Power of Eternity", et surtout Blowing Free, encore un titre d’Argus, démentiel, avec son chorus très soft, ses contrepoints de riffs irrésistibles : un morceau d’anthologie, avec le son particulièrement clair de ces guitares en symbiose, avec le doigté d'Andy Powell qui fait merveille, et Muddy qui se permet un superbe exercice de « slide ». Le show arrive ainsi à sa fin, bénéficiant d'un son frisant la perfection depuis le début : inutile de dire que ce ne fut quand même pas la folie dans la salle, même si la musique n'a pas faibli une seconde pendant les 2 heures de concert. Un concert qui n’a pas eu l’impact souhaité sur son public de fans : ce soir, ce n'était pas l'émeute, mais malgré tout j’ai vu un concert « classique parmi les classiques », avec un Andy Powell très sautillant, d'humeur joviale et avec des solos véritablement travaillés !

Le quatuor anglais n’a peut-être pas ensorcelé Le Plan de ses fameux duels de guitares qui ont fait sa notoriété, mais poursuit une route sereine, avec une fréquence de 20 concerts par mois. Certes, il ne restait qu'Andy Powell des différentes formations d'origine, mais quel punch et quelle énergie ! L'aventure continue, même si le groupe aurait pu se reposer sur ses lauriers (« Argus » a été album multi-platine) sans sacrifier aux modes. Et comme me disait un mammouth, les yeux et les oreilles définitivement habitées par ce qui a déversé Wishbone Ash, « Sur une île déserte, avec un simple sac à dos, j’apporterai Argus, à coup sûr », avant de sortir prendre un peu d'air devant la salle.

Au passage, je disperse des informations concernant notre site favori et j’invite des mammouths à nous y rejoindre et nous y lire. Je retrouve Andy à l’entrée de la salle, derrière un bac de CDs que seule une dizaine de personnes a investi. Il se montre charmant, signant sans hésiter le CD de Marco et prêt pour une photo souvenir. La conversation s'engage : rappel de concerts, il a remarqué que je connaissais les morceaux, et il me signe avec un grand sourire la setlist. Je lui sers en retour un petit mot sur le site RNRM et je m'en vais heureux. La descente des nuages pour Marco est longue, les souvenirs affluent et il garde son sourire au coin des lèvres. C'était Wishbone Ash 2008, et ce soir ils ont prouvé qu'ils appartiennent à cette décennie autant qu'ils appartenaient dans les années 70's, 80's et 90's.

Dehors, c’est une nuit sans étoiles. Une pensée à Cathy, qui doit faire des beaux rêves, sur son lit d’hôpital. Il nous reste une bonne heure de route, et il est déjà presque minuit et demi. A bientôt Wishbone Ash sur la route ! C'est sûr, le Phoënix est plus vivant que jamais... »

You can see them like I.
Phoenix rise, raise your head to the sky...





photos de marco


Avant d’avoir été une signature éclatante et prolifique au sein des Negresses Vertes, Stefane et Iza Mellino réunissaient déjà leur singularité sur une intense et viscérale passion rock, une identité unique délivrée par le son, aiguisée par le chant, endurcie par la route. Duo radieux, étincelant d’âme, les mellino nous offrent aujourd’hui le fruit de leurs respirations sauvages, carnets de route envoutants, mêlant le sang de leurs influences méditerranéennes aux vibrations profondes du rock.
 
(www.mellino.org - MySpace)


Wishbone Ash est un groupe de rock britannique formé à l'automne 1969. L'originalité du groupe est la remarquable entente de ses deux guitaristes et leur jeu varié. Par sa technique de duels de guitares, Wishbone Ash influencera des groupes de hard rock tel que Thin Lizzy ou Iron Maiden..

(http://wishboneash.com/)
(http://www.myspace.com/wishboneashband)
(http://www.facebook.com/pages/Wishbone-Ash/8509646462)



35th ANNIVERSARY DELUXE EDITION -- REMASTERED


* 1970 : Wishbone Ash
* 1971 : Pilgrimage
* 1972 : Argus
* 1973 : Wishbone Four
* 1973 : Live Dates
* 1974 : There's The Rub
* 1976 : Locked In
* 1976 : New England
* 1977 : Front Pages News
* 1978 : No Smoke Without Fire
* 1980 : Just Testing
* 1980 : Live Dates Vol. 2
* 1981 : Number The Brave
* 1982 : Twin Barrels Burning
* 1985 : Raw To The Bone
* 1987 : Nouveau Calls
* 1989 : Here To Hear
* 1991 : Strange Affair
* 1992 : The Ash Live In Chicago
* 1995 : Live In Geneva
* 1996 : Illuminations
* 1999 : Bare Bones
* 2001 : Live Dates 3
* 2002 : Bona Fide
* 2006 : Clan Destiny
* 2007 : The Power Of Eternity
* 2008 : Tough (Compilation)


MELLINO



Stefane Mellino: voix guitare
&
Iza Mellino: voix percussion











Andy Powell - Vocals/Guitar
Muddy Mannenin - Guitar
Bob Skeat - Bass
Joe Crabtree - Drums



MELLINO



LMM
JTP
H des M
Hasta llegar (Les Negresses Vertes - Acoustic clubbing – 2001)
Souffrir
En El Camino
Hey ! Maria (Les Negresses Vertes - Acoustic clubbing – 2001)
Sous le soleil de Bodega (Les Negresses Vertes - Famille Nombreuse – 1991)
Instrumental
FALM
Jamping Jack Flash (Cover The Rolling Stones)
Zobi la mouche ((Les Negresses Vertes - Mlah – 1988)
Eau Air
Une Faim






La durée du concert : 0h50





Real Guitar Have Wings (No Speak -1987)
Ancient Remedy (Bona Fide - 2002)
Number The Brave (Number The Brave - 1981)
The King Will Come (Argus - 1972)
Throw Down The Sword (Argus - 1972)
Sometime World (Argus – 1972)
The Power (The Power of Eternity - 2007)
The Way Of The Word (No Smoke Without Fire - 1978)
Vas Dis (Pilgrimage -1970)
In Crisis (The Power of Eternity - 2007)
Jail Bait (Pilgrimage -1970
)
Living Proof (Bare Bones - 1999)
Phoenix (Wishbone Ash - 1970)

Encores

Happiness (The Power of Eternity - 2007)
Blowing Free (Argus – 1972)









La durée du concert : 2h04

AFFICHE / PROMO / FLYER






















mercredi 6 février 2008

THE SMASHING PUMPKINS ~ Le P.O.B. Paris.












Première partie : Puggy 


Ce qu’en a pensé Vik :

« “… The impossible is possible tonight, Believe in me as I believe in you, tonight…” j’avais dit, émerveillé après mon vol au plus près des étoiles, à la fin de la soirée de la tournée sold-out de reformation (artificielle ?) des Smashing P., au Grand Rex le 22 mai 2007 ! Le retour fracassant et prometteur des Citrouilles. Puis la sortie au mois de juillet 2007 de l’album "Zeitgeist", leur sixième opus, loin d'être à la hauteur de ce qu'ils ont fait avant... Mais quand même un plaisir de le rajouter à ma collection avec son pop-métal sombre. Et le mercredi 14 novembre, la nouvelle : la prévente, uniquement sur le site de GDP, du retour des Smashing Pumpkins en France, pour un concert exceptionnel à Bercy. Achat immédiat, place numérotée. Comment faire autrement ? Le nouvel album n’est pas un chef d’œuvre (même si je l’aime bien et qu’il ne trahit en rien l'esprit Smashing), mais pouvoir entendre à nouveau ce groupe culte des années d’or du grunge, pouvoir faire un autre plongeon dans mes souvenirs des années 90, après si peu de temps, a toujours sa fascination. Je pourrais même parler de groupe mythique, à ne pas manquer sur scène lorsqu’on est amateur du genre ; un groupe auquel j'ai consacré plus d'une dizaine d'années en tant que fan. C'est par un temps très froid, gavé des chansons toute la semaine (en fonction de mes souvenirs et pour me remettre dans l'ambiance), et en compagnie de Philippe D., que je prends la direction Bercy ! La même salle où, il y a huit ans, à la fin d’un concert extraordinaire, Billy Corgan avait fait ses adieux après l’album « Machina ». Pendant le trajet, on parle du « concert de la consécration » (celui, énormissime de 1996, au moment où « Mellon Collie » a changé la face du rock), du guitariste Jeff Schroeder qui a remplacé James Iha, mais en particulier de la jolie bassiste Ginger Reyes et de la claviériste, Lisa Harriton, qui a également rejoint le groupe. Je m'étais renseigné sur les setlists des précédentes dates de leur tournée, et j'avais vu avec grand plaisir qu'il s'agissait d'un bon mélange de vieilles chansons et de nouvelles. C’est dans une sympathique ambiance qu’on rentre dans cette salle inhumaine, transformée pour le coup en temple gothique. Et, première constatation… le concert de ce soir ne se jouera pas à guichet fermé, le public est plus que clairsemé. Bizarre ! Tristesse pour les absents, mais ce n’est pas grave, nous nous plaçons donc dans les premiers rangs rapidement, et en bon, spectateur,, nous observons la salle. Le concert peut commencer, nous, on est prêts.

20h00 : Première partie avec un trio établi en Belgique, du nom de Puggy : un groupe européen sympa et qui veux étonner, composé d’un chanteur anglais Matthew, d’un bassiste francais Romain et d’un batteur suédois Egil. La fraîcheur pop rock et les influences de musique arabe ou espagnole en plus, qui s'en dégage attire un peu l'attention du public, malgré une musique qui peut rappeler les débuts de Muse, mélangés à The Killers... mais j’ai dans la bouche une sensation étrange de « déjà vu ». Un morceau bien séduisant, In the morning, un public qui fait silence, puis on passe à l’apoplexie d’un rock frais et explosif, Out of hand. On change d'ambiance, avec une bonne reprise raccourcie de Jacques Brel Vesoul (je préfère quand même la version de Louise Attaque)... Je dois reconnaitre que le son et les morceaux sont excellents, et donnent une bonne image à la prestation de ce groupe que je ne connaissais pas. Il y a aussi une guitare acoustique, parfois folk, qui contribue aussi au charme ambiant. Après 30 minutes et une dernière chanson jazzy dispensable, le groupe quitte la scène, heureux d’avoir fait ce set avant un monstre sacré. Mon constat est quand même que ce groupe, bien que sympathique, n’a rien à faire avec un concert des Smashing Pumpkins et qu’on peut facilement s’en passer. Un peu un « plantage » de l’organisateur ou du producteur, même si ça a permis de patienter un peu.

Immédiatement, les roadies se précipitent, le temps de débarrasser la scène et de préparer le terrain pour la bande de Billy Corgan. Dans la salle, le public se place et boit tranquillement quelque bières de trop. Avec Phi, on parle du concert de l’Elysée Montmartre du 18 Janvier 2000, un concert promo d’une rare intensité, court (1h20), très noisy (difficile de faire beaucoup mieux)... et aussi de leur tournée d’adieu, ici même. Cet entracte est accompagnée de pubs vidéo dont tout le monde se moque !

21h00 : Les lumières s’éteignent, réveillent le public, ce sont les frissons caractéristiques du début, tout explose dans une énorme ovation intense et frissonnante. Huit ans séparent le concert d'adieux des The Smashing Pumpkins à Bercy et cette nouvelle tournée ! Huit ans d’attente pour ces retrouvailles ! On écoute une petite musique quasi-mystique, on aperçoit le très grand Billy Corgan, son crâne rasé, qui a changé de tunique depuis le Grand Rex, et est bizarrement vêtu d’une jolie jupe argentée de cosmonaute à facettes réfléchissantes, d’un haut moulant gris portant la planète Saturne sur la poitrine, et de bottes. Les autres membres sont eux en rouge. Sur scène, rien de superflu, pas d’écrans géants, pas d'effets tape-à-l'œil : seul un mur de sonorisation et un plafond de lumières minimalistes, du genre une dizaine de spots, très bas par rapport à la scène, qui tournent en rond. Dans ce light show très sombre et sobre, la musique en douceur, progressivement : c’est Porcelina Of The Vast Oceans, aussi long que magnifique, avec un son saturé et incisif.. quel plaisir d'entendre cet intro aquatique de l’une des plus belles chansons de l’album « Mellon Collie And The Infinite Sadness ». Phi déclare immédiatement que la soirée sera longue, et l'orgasme garanti ! La voix de Billy Corgan n’a pas changé ! A la fin du morceau, s'amoncelle des nuages de guitares slides... avant d’enchaîner rapidement avec le magnifique morceau historique Behold the Night Mare, bien supérieur à la version originale, déjà excellente, de « Adore », joué de manière saturée et qui met en valeur le clavier de Lisa.

La première impression est la bonne : les Smashing Pumpkins sont en forme. Dans cette atmosphère plutôt planante, le groupe semble lui aussi souffrir de cette nostalgie de leur âge d’or. Une nouvelle chanson, Bring the light, avec l'entrée de la batterie sur la fin, met la fosse en ébullition... jusqu’au tube incontournable (...pour faire revivre les souvenirs), Tonight, Tonight, qui traverse la foule d’une bonne dose d'électricité et d'excitation, aprés une excellente intro au piano de Lisa et avec des boucles rythmiques de synthé. Tous les fans communient en accompagnant le chant… « Believe, believe in me, believe, Believe in the resolute urgency of now, And if you believe theres not a chance tonight, Tonight, so bright, Tonight… », au plus grand bonheur de Billy qui écoute son public lui offrir ce cadeau. Billy est assez concentré sur sa musique, comme en plein tension. Le public des gradins a vieilli, il reste assis, je fais donc de même, on écoute religieusement et on ferme les yeux comme pour mieux revivre cette époque. Cette séquence « frissons » débouche lourdement su Mayonaise, ma chanson préférée de « Siamese Dream », puis Try, Try, Try, qui me ramène la nostalgie. Pour chaque morceau, il y a des variantes par rapports aux versions connues, des parties de batterie et de guitare, et tout spécialement des soli et des jams interminables, sombres et hyper violentes.

Jimmy, le batteur historique du groupe, vient sur le devant de la scène, il s’assoit, avec son tambourin pour accompagner son copain Billy, seul avec sa guitare sèche Gibson. Avant de commencer Perfect, Billy nous déclare son amour pour Paris et surtout « pour nos femmes, que le monde entier nous envie... ». Il déclare même avoir honte d’être américain, à cause de la politique de Bush… et se voudrait français. Le public ne résiste pas à cette déclaration et applaudit avec énergie. Le reste du groupe revient, Billy reprend sa guitare électrique et entame Lily dans un style cabaret, puis The Rose March, jamais encore jouée en version électrique. L’apogée est atteinte d’un coup sur les premières notes de Today, avec son intro chantée par tout Bercy. Je capte l'ambiance du moment, c’est géant. Les cris, aussi, fusent de partout. A ce moment, la machine qui faisait des Smashing Pumpkins l’un des meilleurs groupes des années 90, est relancée ! La réaction du public est immédiate : un tonnerre de cris, plus personne n’est anxieux, c'est la folie, et, debout, le public manifeste sa joie. Lisa Harrington, aux claviers, se révèle plus calme. Tarantula est énorme en live, un morceau qui m’a frappé dès la première écoute de « Zeitgeist », car faisant la part belle aux instruments : aidé par un superbe light show, il met encore le feu à la salle. La fosse n’est plus qu’une masse compacte violemment secouée. Magique ! Le solo de guitare est efficace, mais c’est évidemment le duo Billy/Jimmy qui concentre toute l’attention et qui tient la vedette ! Les titres vont alors se succéder aussi vite que dans un rêve, la foule est traversée d'électricité et d'excitation, et lève ses mains comme dans une transe hypnotique. Stand inside your love, Ava Adore, dans une nouvelle version avec une intro blues bien lourde et électrique, et puis avec ses grosses guitares habitudelles, sa grosse batterie, très rock et grunge.

Billy s’adresse enfin au public “Is Everyone Afraid ? Has Everyone Changed ?" et continue avec Drown, puis un enchaînement qui tue avec le très défoulant Bullet with butterfly Wings, scandé à la folie, qui réveillerait les morts, et fait exploser la salle dont la foule s'agite de plus en plus… « And someone will say what is lost can never be saved, Despite all my rage I am still just a rat in a cage… ». Avec un 1979, joué seul par Billy en acoustique à la guitare sèche, avec sa voix crispée et triste (pour des larmes et chair de poule garanties), le concert entre alors dans sa dernière partie... Quelle version époustouflante ! C’est ça que la foule et les fans attendait… Un tel niveau d'intensité, un bon vieux Smashing Pumpkins de la grande époque ! On est tous aux anges. Billy envoi de grands sourires. Ses parties de guitare sont superbes, créant cette rythmique entraînante, presque obsédante... et magnifique. Ça déchire ! La basse de Ginger (très mignonne), très solide, assure de véritables pulsations, et le batteur Jimmy, concentré comme jamais sur ses cymbales, joue comme le grand batteur qu’il est. Le point commun du nouveau guitariste avec James est sa relative discrétion. Une merveille. Ce soir Billy n'a rien laissé au hasard, et c’est lui qui, avec son énergie, tient toute la bande comme un chef... et le public en est bien conscient. Tout est bien cadré. Billy rigole, il saute, il « parle » à la foule, il parle aux « autres » membres du groupe !

That's the way (my love is), un morceau qui m'a plu pour la première fois, me donne des frissons et me confirme que ce vingtième morceau aurait dû être acoustique dès le début... My blue heaven, une petite face B très rarement jouée, rajoute quelque chose de différent à ce set. Puis après les frissons, l'enchaînement direct tout à fait génial avec The Everlasting Gaze, qui illustre tellement bien ce que j'adore chez les Smashing. Billy passe à la moulinette de son son de guitare saturé et noir Uriah Heep, Boston, Buffalo Springfield, Iron Maiden, et il arrive même à nous glisser discrètement un hymne national US ! Il s'amuse alors à solliciter le public en plaçant d'énormes riffs, auxquels la salle répond. Et puis c’est marrant, il se lance, hilare, dans un petit speech, déclarant de manière ironique sa passion pour Johnny Hallyday : comme il le dit, « Johnny Hallyday is a Legend », il en remet une couche à plusieurs reprises aussi au sujet de l’accueil du public…"but Johnny Hallyday told me the secret" (mais Jeffrey avoue le détester...). Le public s'est bien marré aussi ! Jimmy ouvre de nouveau les hostilités avec sa batterie dynamique et lourde, accompagnée de déluge de grosses guitares pour un United States de clôture, tout simplement énorme, d’un quart d’heure au moins, ravissant les puristes (dont moi et Phi), une tuerie avec de bons délires à la guitare et les hurlements d'un Billy investi entièrement dans sa musique : puissant et agressif, à la limite du thrash. Une envie subite, malgré l’heure, est d’oublier que c’est la fin du show, pour pouvoir écouter Billy encore et encore toute la nuit ! Le morceau se termine sur un Star spangled banner version citrouille, et immédiatement le groupe quitte la scène.

C’est une standing ovation sans précédent que reçoivent Billy et sa bande ! La foule crie… tout en en redemandant encore ! Le groupe revient quelques minutes plus tard pour le rappel, convenu mais toujours apprécié, sans montrer de fatigue, et Billy nous offre une nouvelle chanson, I Don't Mind, au son dur et psychédélique, c’est sa façon de dire merci au public de ne pas avoir oublié son groupe. Puis c’est une reprise magistrale du classique - et culte - Cherub Rock, avec un cri du cœur à la foule “We will never forget you”... après avoir raté deux fois de suite son intro à la guitare, visiblement à cause d’une douleur au poignet droit. Le plaisir dure jusqu'au bout avec ce morceau qui termine le concert en beauté : ébullition, cris et refrain repris en chœur. Billy sourit, probablement satisfait du concert et de l’accueil du public, remercie longuement, se promène sur la scène, salue les premiers rangs et serre les mains des fans. Puis un dernier geste du bras et, avec ses Smashing Pumpkins, il s'en va, noyé dans l’ovation ! Une prestation magnifique de 2h45 !!!

Les nouvelles chansons et les anciennes ont été bien mélangées, le nouvel album a donc été présenté avec les souvenirs : une setlist originale, audacieuse, qui revisitait chaque période du groupe sans être un best-of... une manière de créer la surprise à chaque fois. Et, même s’ils n’ont pas fait Zero, la qualité était là, avec beaucoup de très bons morceaux qui n’avaient pas été joués au Grand Rex en 2007... 18 titres non joués en Europe en 2007, et cette dernière heure du concert a été bien plus rock avec des jeux de lumières spectaculaires. Les Smashing Pumpkins sont l’un des rares groupes qui changent autant de chansons entre deux tournées. Les voir et les revoir ne gâche rien au plaisir de retrouver nos chansons préférées et d’écouter la guitare de Billy, car on sait qu’il en fera une version toujours différente de celle sur CD.

It will be a night to remember ! Bien sûr, je pourrais maintenant continuer à écrire encore... des mots, des pages sur chaque morceau, sur cette soirée brillante et sur l’immense talent de Billy, mais, quel que soit le mal que je pourrais me donner, résumer un concert de presque 3h est bien difficile. Ce fut une excellente soirée avec un groupe généreux. Combien sont les groupes actuels à jouer autant ? Il y a trop de choses dans ce show fantastique, trop de moments intenses, de sons et d’images… il est impossible de tout retenir et de retranscrire complètement cette soirée, ce show qu’on pourrait qualifier de « à l’ancienne » avec ses longs morceaux, ses plages instrumentales, et en plus, un concept derrière...

Je peux maintenant vous dire, vous écrire, crier même avec Phi que cette soirée offrait tout ce que l’on peut rêver d’un concert parfait ! Inexplicable, cette joie de revoir ce groupe revenir au plus haut niveau dans le rock, avec l’énergie et la sincérité des meilleurs années ’90 et la maturité que l’âge de Billy apporte. Si, pour faire ça, on a besoin du nom “Smashing Pumpkins”, alors je dis “long live the Smashing Pumpkins”. A coté de moi, une jeune fille est en larmes, avec son sweat complètement trempé, extenuée d'avoir tant sauté et hurlé… En fait les fans étaient plutôt contents à la fin du show ! Non seulement, avec Phi, nous n’avons pas été déçus, mais nous nous sommes laissés emporter, des souvenirs pleins la tête et nous avons adoré, du début à la fin, contents de constater que la formation n'avait rien perdu de sa superbe légende. On en a eu pour notre argent, et je suis étonné tout de même que le concert ne fût pas complet ! Quel personnage Billy, alliant une puissance de son impressionnante et un talent inaltéré, il a donné le meilleur de lui-même !

Il faut s'arrêter ici, c’est vraiment la nuit dehors, on ne peut pas sortir indemne de la salle, avec nos têtes pleines d’images et nos tympans qui résonnent des guitares distordues de Billy et de Jeffrey, des solos de batterie impressionnants de Jimmy, de la basse lancinante de la belle Ginger et des boucles de synthé de Lisa. Que du bonheur donc ! Cette nuit on dormira bien, avec des rêves extravagants avec Ginger et Lisa ! Car c'est avant tout cela, les Smashing Pumpkins!

... Today is the greatest day , That I have ever really known... »






Puggy est un trio cosmopolito-européen (un chanteur-guitariste anglais, un bassiste français et un batteur suédois) a vu le jour en Belgique. Fondé en 2005, le groupe propose une musique entre la pop et le rock acoustique. Malgré leurs différentes origines, ils se considèrent comme un groupe belge car c’est dans ce pays que tout a commencé.

(http://www.puggy.fr/)
(http://www.myspace.com/puggyband)
(http://fr-fr.facebook.com/puggyband)


Les Smashing Pumpkins sont un groupe de rock alternatif américain, originaire de Chicago. Le groupe est articulé autour du chanteur et guitariste Billy Corgan, qui est le seul membre à avoir participé à tous les albums du groupe. Il faudra attendre «Siamese Dream» en 1994 pour que le groupe se face une place dans l’univers rock/grunge déjà occupé par Sonic Youth. Arrive ensuite, un des albums rock les plus vendus au monde : «Mellon Collie & The Infinite Sadness», un opus aérien, profond et expérimental qui placera le groupe dans la branche dure du rock de la fin du 20ème siècle. Suit le gothique «Adore» en 1998 au succès contestable. D’Arcy cède sa place à Melissa Auf Der Maur (ex-Hole) et Jimmy Chamberlin, parti depuis 1996, réintègre le groupe. «Machina» sera leur denier opus, en 2000, avant que le groupe ne décide de se dissoudre.
Billy Corgan déclare en 2005 son intention de reformer le combo. Les rumeurs et mystères vont bon train jusqu’en février 2007 où les Smashing annoncent la sortie d’un nouvel album et une très courte et exceptionnelle tournée estivale.






Gish (1991)
Siamese Dream (1993)
Mellon Collie and the Infinite Sadness (1995)
Adore (1998)
Machina/The Machines of God (2000)
Machina II/The Friends & Enemies of Modern Music (2000)
Zeitgeist (2007)


PUGGY








Matthew Irons: Vocal & Guitar
Romain Descampe : Bass
Egil Franzén (Ziggy) : Drums







THE SMASHING PUMPKINS



Billy Corgan - vocals, guitar
Jimmy Chamberlin - drums, percussion
Ginger Reyes - bass, backing vocals
Jeff Schroeder - guitar
Lisa Harriton - keys, backing vocals


La Setlist du Concert
THE SMASHING PUMPKINS


Porcelina of the Vast Oceans (Mellon Collie And The Infinite Sadness – 1995)
Behold! The Night Mare (Adore – 1998)
Bring The Light (Zeitgeist – 2007)
Tonight, Tonight (Mellon Collie And The Infinite Sadness – 1995)
Mayonaise (Siamese Dream – 1993)
Try, Try, Try (Machina - The Machines Of God – 2000)
Superchrist (New Song)
(Come On) Let's Go! (Zeitgeist – 2007)
Stellar (Single B Side – 2007)
Perfect (Adore – 1998)
Lily (Mellon Collie And The Infinite Sadness – 1995)
The Rose March (New EP -American Gothic – 2008)
Today (Siamese Dream – 1993)
Tarantula (Zeitgeist – 2007)
Stand Inside Your Love (Machina - The Machines Of God – 2000)
Ava Adore (Adore – 1998)
Drown (Singles - Rarities and B-Sides – 1992)
Bullet with Butterfly Wings (Mellon Collie And The Infinite Sadness – 1995)
1979 (Mellon Collie And The Infinite Sadness – 1995)
That's The Way (My Love Is) (Zeitgeist – 2007)
My Blue Heaven (Rarities and B-Sides – 1999)
The Everlasting Gaze (Machina - The Machines Of God – 2000)
Cash Car Star (Machina II -/The Friends and Enemies of Modern Music – 2000) > Easy Living [Uriah Heep] (tease) > Foreplay [Boston] (tease) > For What It's Worth [Buffalo Springfield] (tease) > Wasted Years [Iron Maiden] (tease)
Daydream (Gish – 1991)
Wound (Machina - The Machines Of God – 2000)
United States (Zeitgeist – 2007) >
> Star Spangled Banner [Key] (tease)
ENCORE
I Don't Mind (New Song)
Cherub Rock (Siamese Dream – 1993)


La durée du concert : 2h43



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