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vendredi 23 novembre 2007

SUPERBUS ~ Le Zénith. Paris.











Première Partie : Eva Spector.

Ce qu’en a pensé Vik :

« Après leur dernier passage à Paris, à la Cigale, Superbus est de retour dans une grande salle, le Zénith, pour la première fois : la date est complète depuis un bon bout de temps même si quelques places ont été remises en vente la semaine dernière. Quand Superbus, mené par l’énergique Jennifer Ayache, fille de Chantal Lauby, passe à Paris, c’est un véritable raz-de-marée de parents équipés de jumelles, avec leurs petites filles en rouge et blancs (les couleurs de l’album), mais aussi de trentenaires et d’ados! Depuis 2002, Superbus n’a pas cessé de conquérir un public de plus en plus vaste, grâce en particulier à la Victoire de l'album pop-rock de l'année pour "Wow", le prix du meilleur groupe Rock français et un nouveau Disque d’or. Ils jouent du rock pop ska français, un peu variétés, avec un goût légèrement acidulé de guimauve moelleuse, comme une de ces gommes colorées à la douceur délicate, pétillant aussi comme un soda. On ne peut pas y échapper, et cela donne encore plus envie de les voir en chair et en os sur scène !

C’est une triste journée sans soleil, mais à 16h30, face à l’entrée rouge du Zénith, la compagnie de nombreux ados change l’atmosphère d’une façon radicale. 19h00, la salle ouvre ses portes... fouille minimum (les bouchons de bouteille sont interdits), les jeunes filles, enivrées à l’avance par le « concert de leur vie », courent à toute allure pour être devant leur idole. Au final, je me retrouve assis au premier rang, en attendant Gilles, près de la fosse et de l'ambiance. On a pris un coup de vieux ce soir, le public est jeune, très jeune (moyenne d'âge des groupies : 14 ans max)… Certains n’ont même pas 10 ans, et ils sont là comme nous pour ces histoires un peu cucu la praline avec des Lola et des papillons.... Des cris pendant toute l'attente, ce qui a le don d'exaspérer... notre Gilles.

20h26 : La première partie arrive dans le noir : Eva Spector, un trio français qu’on m’avait dit « moyen, mais à découvrir sur scène ». Eh bien, malgré quelque cris d’ados sûrement hors de propos (on s’entraîne pour la suite ?), et une jeune fille faisant du sponsoring avec un t-shirt, je me suis ennuyé. Compositions sans intérêt, avec un chanteur qui s’est mis à montrer ses pectoraux en se prenant pour Johnny Borell de Razorlight. Bof bof, nul, ils ont fait beaucoup de bruit avec un mauvais son, donc je ne vais pas m'attarder sur ces 30 mns d’ennui profond… Je n’arrive d’ailleurs même pas à décrire leur style de musique… Kyo/Nirvana avec une voix à la Polnareff. Le public, trop gentil, applaudit. Les gradins et la fosse sont remplis et certains commencent à se faire entendre en tapant des mains et à crier. La scène redevient déserte, on prépare les instruments.

21H27 : Après un long entracte et de nombreux réglages du son, la scène est préparée pour la coqueluche des ados. Les caméras commencent à chauffer car le concert sera filmé pour un éventuel DVD. La température monte, une odeur de sucre vanillé arrive aux premières files des gradins, et ça y est c'est parti : pour la quatrième fois, je suis dans un concert de Superbus. Un décor rouge / blanc / noir, un tapis rouge, une énorme boule à facette avec des lumières tout autour, quelques spots qui changent de couleur, et des immenses lettres W. O. W. illuminées au fond de la scène (elles vont changer de couleurs au rythme des chansons). Deux plateformes aux rayures noires et blanches pour Greg le batteur à gauche, et François le bassiste à droite. Un décor simple, mais à l'image du dernier album ! L'ambiance est géniale et les lumières magnifiques. Ils arrivent sous une grande ovation et chacun rejoint son poste, Pat le guitariste, devant le batteur, et Mich, guitariste solo, face au bassiste. Les guitares démarrent, la batterie… et le leader du groupe, la jolie et pétillante Jennifer (surnommé Jenn "the French Gwen Stefani"), au rouge à lèvres éclatant, arrive enfin… Elle est habillée très sexy, en pantalon noir avec des petit pois blancs, moulant taille basse, et chemisette rouge, perles et paillettes de soirée, décolletée très bas dans le dos, ainsi que des protège poignets. A l'image de la pochette de leur dernier opus, les garçons sont habillés "classe", avec pantalon, chemise et cravate. Une clameur énorme monte du public, le sol vibre pendant les premières mesures de Travel the world.

Dès l'intro, on en prend plein la gueule, les jeux de lumières sont très bons. Le jeune public est réactif et fait du bruit. On enchaîne avec le très rock Tiens le fil. Des mélodies entraînantes enrichies des refrains chantants avec une chanteuse qui sait mettre l'ambiance. Sex baby song, Radio song, bien sûr reprise en coeur par le public, Un peu de douleur, Le Rock à Billy, Over You… la jolie Jenn Ayache enchaîne les morceaux avec une puissance débordante, et les jeunes sautillent dans tous les sens. L’énergie entre le public et le groupe est palpable, les fans sont heureux, chantant les refrains les uns après les autres, en chœur avec Jenn, qui les interpelle souvent, pour savoir comment ça va… « Il faut mettre ce Zénith à l’envers… on part tous ensemble, et comme c’est filmé, vous avez la pression grave»… ». Elle lance ce qu'elle appelle "l'hystérie collective Superbus", tout le monde hurle, saute, gigote les bras. Je reste encore... Ensuite vient le moment où Jenn se met à la batterie, et commence à nous faire une démonstration sur des Des hauts, des bas, et demande au public de taper le rythme avec les mains. Puis… « Allez tout le monde debout ! »... Tout le monde se prête au jeu, c'est la folie dans la salle et le public se déchaîne sur les airs de Lola… (« Allo Lola Comme un garçon, J'ai le coeur qui fait boum et les cheveux longs »)… et là Superbus, le groupe le plus exubérant et festif de la scène rock française, nous livre le vrai sens de leur musique : en live, pour s’éclater et pour bouger. « Vous êtes prêts ?»… « Ola Lola c'est, Boum boum boum boum boum boum boum boum boum, Lola c'est osé… ». Bon ! Pour ceux qui n'auraient pas compris le sens des paroles, ça parle de l'homosexualité, plus précisément de l'amour entre filles. Joli rythme, les paroles sont trop simplistes à mon goût, mais ça aide à bien démarrer la journée : une prestation remarquable avec des clins d’œil à Shirley de Garbage.

Suivra ensuite, comme il y a deux ans, une bien jolie reprise du titre de Nirvana, Breed : un petit plaisir émoustillant que cette reprise étonnante, preuve que Superbus est aussi un bon groupe de rock quand il le veut. Je ne sais pas si les jeunes ont fait le rapprochement, mais ils ont continué à sauter, moins enthousiastes certes, mais toujours excités. « Mais faites du bruit ! », « Lâchez-vous ! » ne cesse de répéter Jenn. Les versions live des chansons sont semblables à celles de l’album, pas de surprise, cependant leur prestation sur scène peut faire la différence : on sent qu'ils prennent du plaisir… et c'est totalement réciproque. Ces chansons sont faites pour se dépenser sans arrière-pensée. Pop'n gum, aussi bien sûr, on a envie d’en manger et à force d'en manger, j'ai fini par vraiment l'apprécier. On Monday, jolie ballade presque acoustique (style Gwen…), et puis la dernière chanson arrive : Let me hold you, vraiment excellente pour finir le concert en beauté ! Les petites pépites pop se sont enchaînées avec une belle énergie, la voix est juste, le son très bon, et, pour aider le travail des cameramen, l’animation scénique a été parfaite.

Vient le moment du rappel. « Est-ce que vous êtes fatigué à Paris par les grèves ? C’est chiant !» …nous dit la pétillante Jenn, pendant que je mange ma guimauve vanillée, et s’ensuit Ramdam,… « On fait du ramdam da dam dans mon dos, Un peu tam tam ta dam sur ma peau, Du bam bam da dam dans mon cerveau… ». Le rythme de cette chanson me rappelle beaucoup No Doubt. Pas de temps à perdre, suivent C’est comme ça, et Little Hilly, et avec un sourire « merci beaucoup, je vous aime… Paris ça déchire », le concert s’achève sur une dernière et peut-être la plus fameuse "hystérie collective" : Butterfly, tube magique, dansant et planant, s’envole dans la grande salle du Zénith. De la pure folie ! Jenn s'arrête de chanter quelques minutes … (« J'ai des butterfly, des papillons en pagaille, Ton visage se dessine dans les moindre détails… »), pour pouvoir profiter de ces moments de pur bonheur à entendre ainsi son titre reprit, chanté… (« Un peu sonnée par ce foutu détail, Ta voix résonne au fond de mes entrailles, Butterfly, butterfly, butterfly, butterfly… ») par près de 7000 fans en délire. Un dialogue s’est noué entre Superbus et ses fans. Le summum a été atteint, à donner des frissons.
C'est ensuite sous les acclamations et les cris, pendant 5 bonnes minutes, que Jenn et ses musiciens, après de longs mercis ont quitté la scène en nous confiant que c'était leur meilleur concert de la tournée… Ça fait plaisir !! Ils s’en vont un à un, laissant une scène désespérément vide, mais encore fumante avec ce gout de sucre vanillé dans l’air. Les lumières se rallument, c’est la fin d’un rêve dans lequel on serait bien restés encore un peu, mais il faut revenir à la dure réalité : le conte de fées est terminé. Un grand, grand souvenir pour toutes les groupies : trois « euphories » lancées, trois euphories suivies ! Nous sommes priés de sortir... Nous quittons la salle avec les ados qui ont les yeux pleins d'étoiles. Un raz de marée est passé et le calme revient. C'est cela un orgasme.

Donc voilà, un concert de plus, bien, même si on n’est pas une gamine de 14 ans… Seul point négatif : il faut bien avouer que, hélas, le temps passe trop vite et que le concert nous a semblé très court, même sans Tchi-Cum-Bah. En tout cas, je ne suis pas déçu de la soirée : joli visuel, très bonne musique, musiciens hors pairs, ambiance torride, et une ravissante Jennifer (que j’adore !). De la pop colorée, parfumée et sucrée, du rock bubble-gum ! Comme m’a dit une sympathique groupie avec des tresses « Superbus, c'est sympa, un vent de fraîcheur, ça se prend pas la tête, on retient les paroles, ça n’a rien d’intellectuel, ça fait de la musique pour faire plaisir aux oreilles et pour faire bouger la tête et ça y réussit parfaitement, ça fait la pêche et le smile ! ». Je pense que le talent parfois, c’est de savoir ne pas en faire trop pour toucher un public qui n’a pas besoin de beaucoup. Ne faisons donc pas la fine bouche et essayons de retrouver le temps d’un concert, notre âme juvénile pour, peut-être, apprécier ces quelques notes sucrées qui tournent en boucle sur notre platine depuis des mois.»


« J'ai des butterfly, des émotions en pagaille,
Mon ventre se tort avant de te dire bye bye »



photos de


Superbus est un groupe français de musique pop rock formé à la fin des années 1990 par Jennifer Avache. Le son du groupe mêle influences de rock français et américain en s'inspirent de musiques allant de No Doubt à Sun 41, en passant par Garbage, Weezer, Blink 182 et Sublime.

(http://www.superbus.fr/)
(http://www.myspace.com/superbusmusic)
(http://fr-fr.facebook.com/superbusmusic)


 2002 : Aéromusical
2004 : Pop’n’Gum
2006 : Wow



 









Jennifer Ayache, « Jenn » : chant (lead), guitare, orgue électronique
Patrice Focone, « Pat » : guitare, chant (add.)
Michel Giovannetti, « Mitch » : guitare, chant (add.)
François Even : basse, chant (add.)
Gregory Jacks, « Greg » : batterie












La Setlist du Concert
SUPERBUS



Travel the word (Wow – 2006)
Tiens le fil (Wow – 2006)
Sex baby sex (Pop'n'gum - 2004)
Radio song (
Pop'n'gum - 2004)
Un peu de douleur (Wow – 2006)
Le rock a Billy (Wow – 2006)
Over You (Wow – 2006)
Eighteen (B Side – 2007)
Je reste encore (Aéromusical - 2002)
Des hauts des bas (Pop'n'gum - 2004)
Ca mousse (Wow – 2006)
Lola (Wow – 2006)
Jenn, je t’aime (Wow – 2006)
Breed (Cover Nirvana)
Pop‘n’gum (
Pop'n'gum - 2004)
On Monday (Wow – 2006)
Let me hold you (Wow – 2006)


Encores

Ramdam (Wow – 2006)
C’est pas comme ça (Pop'n'gum - 2004)
Little Hilly (Pop'n'gum - 2004)
Butterfly (Wow – 2006)






La durée du concert : 1h30


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jeudi 22 novembre 2007

LUKE ~ L'Olympia. Paris.








Première Partie : Alexandre Varlet



Ce qu’en a pensé Vik :

« Luke, je les attendais : un disque de platine, deux ans de tournées, cinq nominations aux Victoires de la musique, et après plusieurs mois d'hibernation, ils ressortent leurs guitares du placard ! Luke est devenu le groupe français au sommet de la scène rock, et c’est encore un groupe de Bordeaux (comme Noir Désir, comme Eiffel). Un nouvel album « Les enfants de Saturne », qui affiche encore un rock dans la pure tradition du genre, et qui promet d'être explosif en live, là où Luke prend sa véritable dimension ! Ce sera mon sixième concert de ces écorchés vifs ! Et on annonce complet ce soir. Après avoir jeté un coup d’œil rapide sur l’enseigne rouge et les lettres géantes sur la façade de l’Olympia, j'entre dans la salle juste à l'heure (place numérotée réservée), et le temps de me placer sur la mezzanine, de constater que le public dans la fosse est jeune, le concert commence déjà.

20h05 : Alexandre Varlet assure la première partie, et il est vraiment heureux d'être sur scène. Les musiciens… pas de batteur, seulement un guitariste de bon niveau. Voici un duo complètement atypique, avec un son puissant, une voix grave et charmeuse, proche de celle de Jean-Louis Murat, un style influencé par Joy Division et le Gun Club… mais loin d'être original d'un point de vue musical… Malgré un set énergique et une présence scénique indéniable (le déhanché assez particulier et la gestuelle évoquent Ian Curtis), les chansons ne m’ont pas vraiment convaincu, faute de textes à la hauteur. Toutefois une partie du public a l'air d'accrocher, certains connaissent même les paroles. En tous cas, le chanteur est sympa a un peu d'humour, avec ses refrains aux relents sioux, et il a créé un vrai dialogue avec son public. Pas d’ennui donc pendant les quarante minutes de ce set.

Quelques rangements et installations et la pénombre se fait enfin. Il est 21h10, cette fois ça y est, c’est Luke qui arrive sur scène, un intro spatiale, la silhouette de Thomas Boulard, le chanteur, tout de noir vêtu, se découpant en contre-jour sur des spots de lumières blanche. Le groupe attaque d’un air décidé le premier single du nouvel album, A l'intérieur, avec un son saturé et grave, des touches noise : un morceau très rock, limite heavy, qui pose une atmosphère lourde et fait immédiatement décoller le concert. Si Thomas, guitariste rythmique charismatique, est mis en lumière, les autres membres ne sont pas en reste : eux aussi occupent l’espace scénique, et le groupe fait preuve d'une vraie cohésion sur scène. Thomas est au centre, à sa droite, sur la même ligne, se place le bassiste Damien (un transfuge de Eiffel). A sa gauche, le guitariste JP (transfuge d’Autour de Lucie), tandis que le batteur Romain (le rescapé), est derrière, au centre, mais sur un petit piédestal. De la formation d’origine ne subsiste en fait que Thomas, chaque album entraîne un changement de line-up.

A toute vitesse, on enclenche La nuit et le jour, son jeu énergique et son chant harangueur. L’électricité se répand tout au long du morceau. Lancée sur cet élan, la foule va s’emporter : certains dansent le pogo, d'autres se remuent de gauche à droite ! Le public est sous le choc de ce son dévastateur, mais est bien décidé à accompagner… et le rejoindra définitivement sur La terre ferme… « Faut-il prier pour des eaux claires, et que quelqu'un m'entende, pour ce qu'il me reste à être… Amenez-moi en mer, amenez-moi en mer, amenez-moi en mer, A l'abri de l'Enfer à l'abri du bon dieu, A l'abri du Bon Dieu! ». On en tressaute de plaisir devant la qualité du texte. Autour de moi tout le monde sourit, et les accompagne en reprenant les paroles. Le son est vraiment très fort, ce qui nous fait perdre la moitié des paroles, mais accentue le côté rock de la chanson. La voix rauque de Thomas, chanteur de Luke, qui évoque toujours Bertrand Cantat, emporte l’adhésion totale du public. L'apport de JP est indéniable, avec ses subtilités de son de guitare, ses lâchers de soli de haute volée, et sa gestuelle qui me rappelle celle de Nick McCarthy (Franz Ferdinand) ou de Serge Teyssot-Gay (Noir Désir). Ses riffs sont bien léchés, il sourit, il saute, il extériorise enfin véritablement le plaisir qu'il prend à être là.

La température monte d’un cran dès les premières notes d’un Soledad scandé jusqu’à plus soif. La basse de Damien, face à son ampli Marshall pour nous sortir des effets de plus bel effet, en rallonge la durée et lui donne une atmosphère planante! Le public, dopé par une belle énergie communicative, rugit de plaisir. «Crie, juste pour voir ! » hurle alors Thomas… Impossible de ne pas succomber au mordant du groupe. La basse entraîne rapidement dans son sillon Comme un homme qui démarre fort, avec une efficacité remarquable, c'est très carré, c’est encore un tube. Un seul jour, l’une de mes préférées avec son refrain entraînant, ses riffs efficaces qui restent en tête, fait à merveille la joie des premiers rangs… « D'un seul trait, d'une seule flamme, Essuie-toi sur le diable... ». Le groupe reste fidèle à lui-même, chaque membre est à sa place, tout est parfaitement ordonné. Ils n'ont même pas besoin de se regarder tant ils sont dans leur univers. Il y a longtemps, morceau d’ouverture des « Enfants de Saturne », avec ses guitares écorchées, réarrangées pour porter le son vers un maximum d’intensité : « J'ai l'espoir qui bouge et l'enfer qui ronge, Egayez ma source ou égorgez mes songes, J'brûlerai c'que je vois ». Puis, Je suis Cuba", dans une version plus saturée… « Viens donc danser sur la mort, Viens donc danser sur ma voix, Je suis cette douleur en plein corps »… des morceaux qui trouvent leur pleine puissance en live! Une atmosphère chaude, avec des noirs tombant brutalement, avec des spots de lumière qui balayent la surface de salle, avec des flashes hypnotiques envoyés en pleine face du public à chaque fois que le mot "Cuba" est prononcé, afin de créer une impression de chaleur oppressante, étouffante et invivable, en rappel des Tropiques.

Une partie acoustique ? Romain descend de son piédestal et récupère la basse, Thomas place des sièges sur la scène et Damien met un Mélodica sur ses genoux. D'où vient le vent, la jolie ballade du dernier album, débute sous les applaudissements d’un public ravi, qui attendait ce morceau. La chanson se termine laissant l’auditoire émerveillé, JP et Damien sont dans la lumière et une groupie crie : « Thomas on t’aime ». Après Le pays où « le bleu est noir et où on avale les siècles pour les recracher aussi sec », un « Merci beaucoup ». Immédiatement Romain, le batteur donne le ton d'un son très rock, c’est J’ai oublié, jolie mélodie avec des chœurs bien placés, des guitares saturées, des breaks significatifs, laissant la lourde guitare de JP gouverner seule. Même les lumières sortent de l'ordinaire! Un véritable dialogue de guitares s’est établi avec la section rythmique, hypnotique, qui martèle. Les morceaux sont allongés, déstructurés, pour le plus grand plaisir d’une fosse en pleine ébullition. Une série de riffs font le lien avec Tout va bien : au comble de l’affolement… même les éclairages respirent l’urgence. « Je vais vous parler d’une jeune fille » annonce Thomas, et il enchaîne d’une voix rêche, à la limite de la cassure : Zoé, ballade langoureuse, chanson d'amour qui fait retomber la chaleur, tout devient calme et le titre s’étire presque dans la douleur sur le son déchirant d’un solo de guitare de JP. L’émotion s’installe, les briquets ne sont plus là, mais les lumières des portables sont bien présents. « Merci pour elle », avec un grand sourire.

Et le rock revient avec La petite France, et toujours JP aux manettes. Ils ne sont pas bavards sur scène, mais cela ne change en rien leur prestation : il y a du feu dans ce rock français. « Vous êtes pressés ? No ? Ca tombe bien nous non plus, c’est cool et là maintenant c’est le Regggggae ! », en intro de "La transparente", reggae blanc déglingué, trempé par son rythme de basse. On retrouve ensuite le Luke qu’on aime avec ses riffs acides sur Hasta siempre, qui chauffe au maximum la salle avec ses cœurs « hasta siempre camarade, ne m'oublie pas », c’est un vrai hymne, c'est la pure folie dans la fosse et tout le monde est levé, ça saute dans tous les sens, mais le set se termine sur un bref « Merci Paris ». Ils nous quittent sous les cris désespérés des fans. Pas le temps de respirer donc pendant ce cet, car Luke a enchainé ses chansons de leur nouvel album sur un rythme effréné, et ce n’est pas fini.

Ils reviennent pour le rappel, « Vous en voulez encore ? » crie Thomas… et voilà que s’enchaînent Les enfants de Saturne" (le morceau titre de leur dernier opus), particulièrement corrosif en live, soutenu par des déferlantes de lumières et avec un son qui ne laisse personne indifférent, avec cette guitare qui explose quand il le faut. Suit Stella, chanson très pop qui fait aussi figure de tube avec son air posé, entêtant en diable. Les « Stella oh oh » fusent pendant plusieurs minutes à la fin du morceau ! Si tu veux, folk/rock inspiré voit un échange d'instruments entre Damien et Romain, et rajoute un grain de folie pour terminer. Le quatuor ne s’attarde pas plus, et quitte de nouveau la scène, laissant la foule à bout de souffle.

Luke revient ensuite, écourtant rapidement les applaudissements, pour un second rappel : ça repart de plus en plus belle avec la mythique et tant attendue Sentinelle, réorchestrée, sur laquelle souffle un vent de folie : c’est à ce moment que la marée humaine s'enflamme… Un grand pogo endiablé a éclaté dans la fosse pendant que Thomas, déchaîné, chante « Ravale donc ta rengaine, ravale donc tes sanglots, de l'amour ou de la haine, qui donc aura bon dos... », ce qui propulse le public dans une sorte de démence... C'est avec les Paradis Rouges, une excellente chanson, que le concert se terminera, en beauté, sur un dernier accord de guitare. Applaudissements et remerciements mutuels entre le groupe et le public : le groupe ne veut pas quitter la scène et le public ne veut pas quitter la fosse. Une standing ovation méritée. Voilà c'est déjà fini, encore quelques salutations et les voilà partis...

Concert coup de point ! Deux rappels, c'est toujours plaisant ! Luke, qui se démarque petit à petit de son influence Noir Désir, a livré ce soir une performance exemplaire, endiablée, avec une énergie énorme, chaque musicien apportant sa personnalité sonore. Ce soir j’ai respiré un rock qui sent vraiment très fort le soufre. Ce set bien pensé et ordonné a vu Luke reprendre quasiment toutes les chansons du dernier album, ainsi du précédent (le second)… mais il n’y a eu aucune trace de leur tout premier. Luke fait du rock, peut-être pas révolutionnaire, mais en tous cas bien mieux que Plastiscines ou Naast, eux pourtant adulés par la critique « Rock & Folk ». C’est vrai qu’il n’y a plus de Noir Désir (pour le moment… ?), mais le flambeau du rock bordelais a été repris. En résume : Luke, sur scène, c'est quelque chose de flamboyant, même teinté de « Noir » ! Mais pour la suite de la tournée en 2008, je serai encore là ! »

« …Peut-être qu'un jour sans efforts,
il sera si bon d'avoir su…
»




photos de



Le groupe Luke est né à la fin des années 90, autour du chanteur et compositeur bordelais Thomas Boulard. Avec ses compositions à mi-chemin entre la pop nerveuse de Placebo et le rock enfiévré de Noir Désir, le succès du groupe doit sans doute autant à ses compositions accrocheuses qu’au vide laissé par le groupe de Bertrand Cantat, suite à son incarcération. Nominations aux Victoires de la musique 2005 : groupe ou artiste révélation du public, groupe ou artiste révélation scène, album de pop/rock de l'année.

2001 : La Vie presque
2004 : La Tête en arrière
2005 : La Tête en arrière (With an additional 5 songs)
2007 : Les Enfants de Saturne
2010 : D'autre Part

EP
2000 : Je n'éclaire que moi




Thomas Boulard (chant, guitare)
Damien Lefèvre (basse)
Jean-Pierre Ensuque (guitare)
Romain Viallon (batterie)

La Setlist du Concert
LUKE


A l’intérieur (Les Enfants De Saturne – 2007)
La nuit et le jour (Les Enfants De Saturne – 2007)
La terre ferme (Les Enfants De Saturne – 2007)
Soledad (La Tête En Arrière – 2005)
Comme un homme (La Tête En Arrière – 2005)
Un seul jour (Les Enfants De Saturne – 2007)
Il y a longtemps (Les Enfants De Saturne – 2007)
Je suis Cuba (Les Enfants De Saturne – 2007)
D’où vient le vent (Les Enfants De Saturne – 2007)
Le pays (Les Enfants De Saturne – 2007)
J’ai oublié (Les Enfants De Saturne – 2007)
Tout va bien (La Tête En Arrière – 2005)
Zoé (La Tête En Arrière – 2005)
Petite France (La Tête En Arrière – 2005)
La transparente (Les Enfants De Saturne – 2007)
Hasta siempre (La Tête En Arrière – 2005)

Encores 1

Les enfants de saturne (Les Enfants De Saturne – 2007)
Stella (Les Enfants De Saturne – 2007)
Si tu veux (Les Enfants De Saturne – 2007)

Encores 2

La sentinelle (La Tête En Arrière – 2005)
Paradis Rouge (Les Enfants De Saturne – 2007)


La durée du concert : 1h59

AFFICHE / PROMO / FLYER




























Luke - Soledad
envoyé par Luke