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dimanche 1 juin 2008

CAT POWER ~ L'Olympia. Paris.











Première partie : Appaloosa


Ce qu’en a pensé Vik :

«Assurément, nous ne pouvons pas rester indifférents devant l’enseigne de néons rouges qui éclaire le boulevard ce soir. Je dis nous, car Gilles B est là ce soir (un dimanche...) devant l’Olympia, pour cette nouvelle soirée de folk n' blues country soul avec Cat Power, alias Chan Marshall, belle et talentueuse, après sa venue au Bataclan en janvier 2008, le jour même de la sortie de son album « Jukebox ». On respire : quel changement chez cette artiste (une véritable métamorphose), après une traversée du désert dûe à ses abus d'alcool, que cette nouvelle orientation artistique, et cette fois-ci, c’est sûr, elle va nous proposer un spectacle digne de ses albums « The Greatest » et «Jukebox», qui sont restés relativement longtemps sur ma platine, digne de cette belle immersion dans l'âme du blues – instimiste. Chan, découverte entre autres par Steve Shelley, de Sonic Youth, a une voix différente de toutes celles que j’ai entendues avant, combinant une tonalité un peu rauque avec une douceur inouïe : fragile et gracieuse, reconnaissable entre mille, elle s’approche un peu de l’univers feutré de Norah Jones, sur une musique simple mais profonde, et souvent bouleversante. Et d’abord, pourquoi ce concert ? Disons qu’une fois qu'on a entendu Cat Power, on ne peut plus la lâcher. Voilà ma réponse (... avec celle de Gilles B : « Je suis fasciné par Chan »...). Une hallucination consensuelle mais sensuelle aussi, un concert événement, ce soir avec Chan et son groupe qui viennent envoûter cette salle mythique. Un tour au stand merchandising, le temps de boire une bière dans un cadre sympa au bar, et on se place à la mezzanine, comme d’habitude. Bref, vue imprenable, plongeante sur toute la scène, en attendant que le concert commence. De nombreux jeunes gens, quelque seniors dans le public, et je me dis que ce soir, je vais enfin rejoindre la foule des admirateurs de Cat Power.

20h00 : les lumières s’éteignent, la première partie, c’est Appaloosa, un duo français électro-toy-pop français, montés sur le « traineau Yelle » : une chanteuse avec une voix horrible marchant d'un côté à l'autre de la scène, des textes kitch d’une nullité absolue, sans intérêt. Le set électro, malgré les efforts musicaux du « petit jeune » à la guitare, aux keyboards et au laptop (plutôt originaux), est copieusement hué et sifflé par le public. Bon, ils sont restés jusqu'au bout, 37 minutes de ridicule. N’a-t-on pas le droit, pour le prix, de s’attendre à une première partie digne de ce nom et non à n’importe quoi pour remplir la soirée ? S’agit-il d’une amie de Chan ? Ce soir grotesque, presque un assaut de méchanceté, avec la complicité narquoise du responsable de la tournée.

21h00 : les lights s'éteignent pour la deuxième fois. Dans la salle, la température monte, et la scène prend une dominante de couleur vert kaki. Je m'installe bien au premier rang. Apparaît alors - comme une féline - Chan, alias Cat Power, qui arpente la scène sur toute sa largeur, chemise verte, cravate noir au cou, jeans noir et baskets blanches. Elle est particulièrement attirante, par sa gestuelle abondante (peut-être pas sexy, mais...), qui se veut féline, comme son nom. Tout le charisme et la beauté de sa voix sont bien là. L'effet est immédiat, elle est très applaudie par le public. C’est avec le Dirty Delta Blues Band, un assemblage de musiciens déjà connus par ailleurs qui l’accompagnent sur l’album « Jukebox », que Cat Power se produit ce soir. Tout aussi, sinon plus impressionnant que Chan, il y a Judah Bauer, qui avait fait la gloire du Jon Spencer Blues Explosion, caché derrière ses lunettes de soleil foncées, à la guitare, Gregg Foreman (ex Delta 72) aux claviers, Erik Paparazzi (Ex Lizard Music) à la basse et l’australien Jim White (ex Dirty Three ) au percussions. Ces musiciens, sur scène ce soir, sont tous plus brillants les uns que les autres, mais bien sûr, c’est Chan qui se trouve sous la lumière des projecteurs.

Et le concert démarre... « Hush now, don't explain, Just say you'll remain, I'm glad your back, don't explain… » : la reprise de Billie Holiday marque l’entrée dans l’univers de Chan, des notes délicates en ouverture, une mélodie minimaliste de piano, magnifique avec cette voix au bord de la rupture, et des musiciens qui l’accompagnent d’une façon impeccable. Musicalement, il n'y a rien à redire, le groupe est absolument fabuleux, avec un style reconnaissable dès les premières notes. Suit la reprise de Janis Joplin Woman Left Lonely, et là je ressens une impression de concert carré, répété, précis. Un peu trop même, car ça se voit : dès qu’il s’agit d’une reprise, Cat Power en respecte la mélodie originale, l’interprète brillamment mais de manière relativement impersonnelle. La véritable émotion dans le chant a du mal à passer, mais derrière, le groove se met lentement en place.

Puis, sans attendre, une petite émotion - à couper le souffle – arrive, tout doucement. Je me laisse prendre et transporter vers ce paradis. Entre chaque morceau, du silence : elle ne parle pas et la musique ne s'arrête pas plus de quelques secondes. La setlist, non-stop, fait une part importante au nouvel album « Juke-box », ce qui ne me déplaît pas, avec une grande majorité de standards de grands artistes des années 60, aussi divers que Frank Sinatra, James Brown, Joni Mitchell, Lee Clayton, Roberta Flack ou Hank Williams. Aucune surprise par rapport au CD, Chan interprète chaque chanson de manière bien léchée, avec beaucoup de grâce, aidée par un Delta Blues Dirty en parfaite cohésion, au service de chaque morceau. A noter quand même le clavier qui a tendance à jouer à la star... Le son est vraiment exceptionnel, et certains titres de Jukebox en deviennent sublimes. Le chant de Chan est lui aussi impeccable, proche de celui d’une Norah Jones : une voix sensuelle, peu puissante, étonnamment timide et rocailleuse. La scène est plongée dans le noir, éclairée seulement par une lueur orange, pourpre, ou vert, avec la poursuite blanche sur l’artiste qui fait les 100 pas sur scène. Le joli visage de Chan est en pleine lumière et un fan, à côte de moi, s’exclame : « Elle es trop belle ! Elle est tout simplement trop belle ! ».

Un impeccable Song To Bobby arrive, petite perle écrite par Chan… (« I wanna tell you, I've always wanted to tell you, But I never had the chance to say… ») : dédié à Bob Dylan, dépouillé en prime, l’un de mes titres favoris, qui me donne la chair de poule... Avec aussi Metal Heart, éblouissante relecture de l’album « Moon Pix » de 1999, avec cette intro grandiose au piano par Gregg, d’une grande intensité, puis l’arrivée de la basse, la batterie et cette guitare cristalline de Judah, et avec une fin dantesque : ovation d’un public conquis d’avance, qui connaît ses classiques. Visiblement Chan est en forme, et heureuse d'être là. Et puis, alors que je me suis confortablement installé dans le plaisir de l’écouter, elle sort discrètement de scène, sans un mot ou un regard, laissant Gregg aux claviers et Erik à la basse jouer l’intro du Blue, de Joni Mitchell, un tapis sonore de plusieurs minutes. Toujours discrètement, Chan revient, nonchalante, comme s’il s’agissait d’un rappel : elle est vêtue cette fois de noir, avec épaule nue assez sexy… et elle termine le morceau... « Blue, there is a song for you, Ink on a pin, Underneath the skin, An empty space to fill in… » Etrange moment...


La seconde partie du set, un peu plus rythmée, prend plus l’ampleur et comprend quelques magnifiques chansons de l’album The Greatest, mon coup de cœur. C’est le retour des chansons originales de Chan, et avec elles, des éclats de bonheur : elle balance Where is my love, l’un de mes favoris, d’une voix douce qui fait frissonner, sur piano très soul. Le public exulte. Avec la violence fragile qui la caractérise, voici l'ouverture des accords de The Greatest, simplement la plus belle chanson de l’album : c’est une déferlante d’émotions, qui est accueillie par des applaudissements sauvages. Puis c’est l’explosion de Lived in bars, accueilli comme un hit, avec le guitariste Judah en plein trip rock, et avec des envolées aussi sèches qu’expansives. Un grand moment sur le morceau Aretha, Sing One For Me, (une cover de George Jackson), magnifiquement rendu dans un esprit Joss Stone, avec un Jim White très sensible derrière ses caisses. C'est réellement merveilleux, Chan semble totalement absorbée par la musique, avec le groupe derrière, qu’elle nous présente sur Cold We. En point d'orgue, une reprise indescriptible du Satisfaction des Rolling Stones, puis, avec Do You Do You Do et Naked If I Want to le rythme reste soutenu, avant d’arriver à la plus belle chanson de la soirée, Angelitos Negros, de Roberta Flack, une version poignante, tout simplement bouleversante !

En conclusion, voici le magnifique I've been loving you d'Otis Redding, dans une version remarquable, après près de deux heures de ce concert plein de mélodies douces, jouées dans l’enthousiasme général, qui montre que Chan est une artiste plus qu’intéressante. Le public, chauffé à blanc par tant de talent, en redemande avec force. In vain. Chan reste sur scène, pendant cinq minutes, radieuse, les lumières rallumées, en remercient le public... mais elle ne chantera pas ! Deux heures, c’est déjà un exploit. Elle s’en va, mais revient aussitôt sur scène avec une énorme gerbe de roses blanches, un cadeau de la soirée, son stress évacué. Encore un grand merci en mime, et, tout en dansant, une distribution délicate des fleurs, une par une, à des personnes (de son choix) dans le public de la fosse et de la mezzanine. Une fin qui semble ne jamais arriver, des applaudissements… le plaisir partagé d’une performance émotionnel et sincère.

Si vous ne connaissez pas Cat Power, il faut la découvrir sans tarder en commençant par son album « The Greatest » !!!

I've been loving you, Too long, to stop now… »







photos de oliver p

Chan Marshall, mieux connue sous le nom de scène Cat Power, est une chanteuse et parolière américaine originaire d'Atlanta (USA). La musique de Cat Power a la particularité d'être relativement minimaliste et extrêmement dépouillée. Avec son accent sudiste et ses mélodies minimalistes extrêmement dépouillées, la discrète Cat s'est imposée en sept albums comme une des plus belles voix de la folk américaine.

(http://www.myspace.com/catpower)


Dear Sir (1995)
Myra Lee (1996)
What Would the Community Think (1996)
Moon Pix (1998)
The Covers Record (2000)
You Are Free (2003)
The Greatest (2006)
Jukebox (2008)






 Chan Marshall: Vocal, Guitar, Piano
&
Dirty Delta Blues:
Judah Bauer - Guitar (Ex Jon Spencer Blues Explosion)
Gregg Foreman - Piano/Organ (Ex Delta 72)
Erik Paparazzi - Bass (Ex Lizard Music)
Jim White - Drums (Ex Dirty Three)


La Setlist du Concert
CAT POWER


Don’t Explain (Cover Billie Holiday) (Juke Box - 2008)
Woman Left Lonely (Cover Janis Joplin) (Juke Box - 2008)
Silver Stallion( Cover Lee Clayton) (Juke Box - 2008)
Theme From "New York, New York" (Cover Frank Sinatra) (Juke Box - 2008)
Lost Someone (Cover James Brown) (Juke Box - 2008)
Dreams (Single - 1998-11-26: Berne. S)
Lord, Help the Poor & Needy (Cover Jessie Mae Hemphill) (Juke Box - 2008)
Song to Bobby (Juke Box - 2008)
Dark End Of The Street (Cover Percy Sledge)
She’s got you (Cover Patsy Cline) (Juke Box - 2008)
Making Believe (Cover Loretta Lynn
Metal Heart (Moon Pix -1999) - (Juke Box - 2008)
Blue (Cover Joni Mitchell) (Juke Box - 2008)
Where Is My Love? (The Greatest – 2006)
The Moon (The Greatest – 2006)
The Greatest (The Greatest – 2006)
Lived In Bars (The Greatest – 2006)
Aretha, Sing One For Me (Cover George Jackson) (Juke Box - 2008)
Life Of The Party
Could We (The Greatest – 2006)
(I Can't Get No) Satisfaction (Cover The Rolling Stones) (The Covers Record – 2000)
Do You Do You Do
Naked If I Want To (Cover Moby Grape) (The Covers Record – 2000)
Angelitos Negros (Cover Roberta Flack)(Juke Box - 2008)
Ramblin' (Wo)man (Cover Hank Williams)(Juke Box - 2008)
I've Been Loving You Too Long (Cover Otis Redding)




La durée du concert : 2h00

AFFICHE / PROMO / FLYER





























vendredi 9 mai 2008

L'ARC~EN~CIEL (ラルク) ~ Le Zénith. Paris.






ラルク








Ce qu’en a pensé Vik :
« Le Japon, 127 millions d'habitants et un groupe de rock qui porte un nom bizarre pour nous, Européens : L'Arc~en~ciel (appelé par ses fans Laruku, "ラルク" en abrégé), considéré le fleuron du J-rock, cette scène de culture manga et d’animation numérique. Non, je ne suis pas un super fan, et ce concert ne devrait pas être le plus beau moment de ma vie, mais il est vrai que je ne connais que très peu Laruku, sauf pour l’utilisation faite de sa musique sur les jeux tels que GTO, Full Metal Alchemist ou Final Fantasy. C’est donc une curiosité naturelle qui s’est éveillée en moi, en en parlant avec Gilles B : pourquoi ne pas le voir, ce groupe, en plus au Zénith, à l’occasion d’un premier - et unique - concert en Europe, dans le cadre du Tour «L’7- Trans Asia via Paris» monté pour la promotion du dernier album, "Kiss". Et leur style ? Complexe, de la pop romantique avec une sauce glam, un mélange entre Muse et Spandau Ballet. Je tiens à signaler quand même qu’il s’agit d’un événement musical presque sans précédent… L’Arc~en~ciel n’est que le deuxième groupe japonais à s’attaquer à notre Zénith, après Dir En Grey ! Ce vendredi 9 Mai est un jour normal, presque banal à Paris, ensoleillé et un peu nuageux, mais avec une température assez élevée… Il n’y a aucune affiche dans le métro, mais il y a eu une gigantesque opération promotionnelle spéciale, destinée au public japonais, et quelques milliers de fans se sont déplacés, de toute l'Europe, pour assister au concert.

J’arrive vers 17h30, et c'est une foule ultra-compacte et assez peu organisée qui se trouve déjà devant les grilles du Zénith, certains étant là depuis la veille. Des fans, des filles surtout, un peu hystériques, avec des t-shirts "Ken is my hero", "GTO (en couleur sang sur un fond noir)" et des groupies assez jeunes (13-15 ans) qui chantent pour la plupart, souvent vêtues de débardeurs jaune et rose, de bas résille, pieds nus ou portant des Converses bordeaux aux pieds, avec des lunettes rose et noir. Il y a évidemment énormément de Japonaises (… déjà celles du fan club !) mais aussi d'Allemands, d'Espagnols, d'Italiens (eh oui !)… Quelques ados gothiques au visual kei, ou habillés en noir (mystère ?). Des cris d’hystérie troublent de temps en temps l’attente, qui se fait dans une ambiance sympathique et bon enfant. Je m’infiltre comme je peux dans l’une des queues, la chaleur n’aide pas les choses, et vers 18h30, c’est l’ouverture des grilles, libérant la masse humaine qui s'était agglutinée : c’est le chaos ! La pression monte, on pousse, on crie, on veut courir, on se presse. Les groupies-furies des premiers rangs sont là. On veut accélérer la fouille, déjà réduite au minimum, pour se précipiter plus vite au stand de merchandising, et, ensuite, à la barrière devant la scène. C’est aussi la course vers les gradins qui se remplissent presque entièrement, je suis placé au premier rang... j’attends... et premier constat : c'est plein, sans doute pas à la capacité maximale du Zénith, mais c’est tout de même une salle comble. A côté de moi, sur la droite, Katy, une jolie petite Japonaise, et une véritable groupie, est venue directement de son pays, pour ce concert. Je ne parle pas japonais, elle a un anglais très limité, donc notre conversation reste réduite. Le public est impatient, et des ola font le tour de la salle sous les applaudissements rythmés de « Laruku !! Laruku !! ». En voix off, on peut entendre les consignes de sécurité répétées trois fois : en français, en anglais et en japonais. Des caméras sont braquées vers la scène et sur la foule, et deux grues sont prêtes à filmer pour une retransmission du concert en direct dans certains cinémas au Japon. Le public, déjà bien échauffé lors de l’attente à l'extérieur du Zénith, est maintenant en ébullition, et frémit littéralement d’impatience.

20h08 : les lumières s'éteignent, l'obscurité s'empare de la salle, et le concert débute. Sous des hurlements enthousiastes, les premières notes du générique d'ouverture résonnent, tandis qu’une vidéo est projetée sur le grand rideau blanc qui cache la scène : elle montre les trajets de la tournée de Laruku jusqu'à Paris, avec le mot "Bienvenue" inscrit dans toutes les langues sur un globe terrestre. S'ensuit alors une présentation des membres du groupe, suivie de leur apparition en ombres chinoises. Il y a des jeux de lumières sur la toile devant la scène. L’excitation monte, et le public hurle de plus en plus. Une animation se poursuit autour des silhouettes : des petits chats sautent ici et là. Un vrombissement de basse puissante, une batterie mise en valeur, font vibrer la salle. BOUM ! La foudre ! Et le rideau tombe dans une explosion de couleur rouge vif. Le show, retransmis sur deux écrans géants de part et d'autre de la scène, commence.

L'Arc~en~ciel (Laruku pour nos amis), monte sur scène et se place sur le décor d'un vaisseau pirate fantôme… Hyde, le chanteur en costume de corsaire dandy, est au centre, Yukihiro, le batteur, derrière sur une estrade, Tetsu le bassiste, porte un maillot de foot français (bleu), et une jupe par-dessus son jean (c’est le leader du groupe et le chouchou des fans), et est placé à gauche, tandis que Ken, le guitariste, en jeans, est à droite. Bientôt quadragénaires, ils paraissent moitié moins âgés. Sur les côtés pendent d’anciens drapeaux de couleur gris-bleu, en lambeaux. Flottant derrière la scène, on peut voir une voile sur laquelle est écrit « L’arc~en~Ciel ». Clin d’œil à Johnny Depp dans le film Pirates des Caraïbes ? Tous, les fans, les Japonais et moi, on reste bouche bée. C’est un décor magnifique et somptueux. Couverte par les cris, la voix de Hyde est presque inaudible, mais le son est bon. Et c’est la folie qui commence ! Voilà Driver's High, le générique nerveux de GTO, que je connais, et qui met véritablement le feu… aidé il est vrai par de vrais lance-flammes sur scène ! La fosse enflammée, encerclée par les gradins, est en fusion. Tout le monde chante, hurle, saute en cadence sur le refrain… « Woh ! Clash ! In to the rolling morning, Flash ! I'm in the coolest driver's high… » sur les grands écrans à LED, Yukkie, le batteur, a un grand sourire. S’ensuiit Killing me, un grand classique qui prolonge la folle ambiance, avant la première pause et le premier discours – mémorable - de Hyde, le chanteur,… en français à l’aide d’un texte écrit : « On est L'Arc~en~Ciel. Je vous vois enfin, je suis très heureux ! Je suis content de rencontrer des Parisiennes… Ce concert est diffusé en direct au Japon. Vous êtes chauds, France ? Montrez-nous de quoi vous êtes capables. Je t'aime. La prochaine, nouveau Drink It Down !"» Les groupies hurlent à vous en crever les tympans, on est sur une piste d’aéroport pendant le décollage des avions.

Puis on repart dans ce concert surréaliste. Ken, le guitariste, arbore lui aussi un magnifique sourire, et nargue tout le monde en allumant une cigarette (je dirais de cannabis…), qu’il gardera tout le show, en jouant de sa guitare avec un toucher subtil sur de longues notes aigues. Hyde, le chanteur, aux déhanchés super sexy, fait des allers-retours sur les rampes, chante d'une voix claire et assurée, à la fois douce et rock. C’est indescriptible, le public est comme en osmose avec le groupe. Yukkie, très concentré sur sa batterie, est fabuleux : il y a une alchimie étonnante avec Tetsu, le bassiste, qui fait rugir sa basse à nos oreilles. On peut aimer ou non leur style, mais il faut reconnaître que, musicalement, le groupe est excellent, et, en ce qui concerne leur prestation, c’est très professionnel, avec en face un public exceptionnel. Un grand show, avec ses effets de lumières et cette complicité avec le public, vraiment géniale.

Les morceaux s’enchaînent, dans une set list qui visite les 15 années d’existence du groupe, et la sécurité est débordée par les extractions de fans défaillantes dans la fosse… My dear, au piano, My Heart Draws A Dream, magnifique avec son refrain… « Yume wo egaku yo, Yume wo egaku yo, Yume wo egaku yo, Our Hearts Draw A Dream… », suivi de Caress of Venus avec ses « Jump jump jump ! », pendant lequel Tetsu jette une banane au public… Puis l'atmosphère prend une tournure de plus en plus rock sur Revelation, véritable coup de fouet à l'ambiance : les "Hey !" criés par les fans résonnent dans toute la salle. Ken, assez drôle, nous dit aimer la cuisine française (avec photos à l'appui sur les écrans géants), avant d'enchaîner : « Vous êtes chauds ? Next song is Seventh Heaven ! ». La chanson, très populaire, débute dans la même ambiance de folie, tandis qu'une explosion de serpentins (des papiers argentés avec écrit : l’arc~en~ciel) se déverse sur le public. Un problème technique : plus de guitare pour Ken, mais on n’en saura pas plus… le show est arrêté brutalement et les membres du groupe sont priés de rentrer dans leurs loges par le staff de sécurité. Surprise et étonnement général. On pense à un problème technique de son. La vrai raison ? L'explosion de serpentins aurait légèrement blessé Ken. Ce n'est que 15 mn plus tard que le groupe reviendra, après une attente encore rythmée de « Laruku !! Laruku !! » et de olas. Ken, toujours drôle, remonte sur scène avec un sourire, l'air en transe, et explique sans rire : « Sorry, I was in the toilets. Enjoy ? I wanted to come to Europa ! Enjoy ! Alright, that's Seventh Heaven ! » On rit, et ça fait plaisir, ce retour décontracté. Voilà, ils recommencent la chanson, on n’a rien perdu.

Malgré cette longue pause, Laruku retrouve immédiatement toute la ferveur de ses fans, c’est reparti encore mieux qu’avant, et le set prend alors une tournure nettement plus festive, avec une autre intervention de Tetsu avec son « vous voulez manger ma banane? ». Et vlan, c’est cool, une deuxième banane lancée dans le public ! Je n'ai pas trop compris cette histoire de banane, je l’avoue… les effets ressentis par l'utilisateur de cannabis sont quelque fois étranges... Le concert continue avec la chanson Pretty girl, de leur dernier album, « Kiss », puis avec Stay way, qui permet aux 4 membres de chanter chacun leur tour. Lorsque le groupe crie « Are You Fuckin’ Ready ? », la réponse est immédiate… Arrive un Ready Steady Go, la célèbre chanson du manga Full Metal Alchemist, qui déchaine encore plus la foule… et que Hyde mène tambour battant avec ses "Jump Jump, Jump !"… et tout le monde obéit, saute aussi bien dans la fosse que dans les gradins, en reprenant le refrain en chœur. C’est l’une des chansons qui aura le plus enflammé la foule je crois, avec le groupe vraiment dans le show : le grand moment d’anthologie de la soirée, à retenir, avec cette incroyable communion entre Laruku et ses fans, un véritable orgasme. Le talent de ce groupe à faire fondre son public…

Avec une ola grandiose, éclairée seulement par une boule à facettes descendue du ciel, comme dans une discothèque, et une ambiance de fête, c’est Neon Universe, suivie de Honey, deux chansons-phare. Katy, la petite Japonaise, à ma droite, en a des frissons de joie. Les lumières virent soudain au rouge brasier avec Link, encore un extrait de Full Metal Alchemist pour les fans du manga : Hyde descend dans la fosse pour un court bain de foule avec ses fans. Que de bras vers l'avant pour essayer de le toucher... Il remonte sur scène avec difficulté, accroché par les pieds par des fans qui voudrait le garder encore et encore !
Dans un décor entièrement bleu, Hyde s’approche du micro, le public applaudit interminablement, il annonce, toujours en français, « On est l'Arc~en~Ciel, mais on était jamais venus en France. Maintenant, on ne peut plus dire ça. Pour finir, chantez avec moi ! Unissons-nous au delà des frontières. Vous voulez ? Vous voulez bien chanter ? Je t'aime, France ! C'est la dernière chanson : Anata ». Une magnifique chanson, pour une fin de concert sans rappel, avec des plumes qui tombent du plafond du Zenith, comme de flocons de neige… Le public reprend en cœur, pour une dernière fois, le refrain… « To your heart, To your heart, To your heart, I need your love and care »… Un dernier mot à la fin : « Merci ! Merci, France ! Merci beaucoup ! », sur un hurlement déchirant de la foule, un salut, un petit regard, peu de temps pour se faire applaudir…Ils s’en vont.

Katy, ma petite Japonaise, avec un grand sourire et des yeux humides, encore abasourdie, a un besoin urgent de faire partager sa joie… elle me dit en souriant, avant de partir : « Magnificent… Superb… Size ». Elle s’en va heureuse avec un tas de souvenirs, d’images et de rêves. Enfin, en plus de la qualité de cette prestation (à cause des caméras ?), je retiens les décors, les effets de lumière, les écrans géants, la pyrotechnie, les jets de flammes, les serpentins, les plumes, l’ambiance de folie, les petites phrases drôles en français,... un véritable show, indescriptible, qui a passé vite et sans ennui, presque parfait à l’exception de la petite coupure ! Un grand groupe japonais au Zenith, déchaîné et heureux d'être là, c’est un événement rare… et une grande épreuve pour la patience des fans.

C'est la tête dans les étoiles et la musique dans les oreilles que les fans avec TShirts, débardeurs et jeans mouillés de transpiration, sans voix, encore hypnotisés par le concert, se dirigent vers le métro. Ils vont revenir bientôt ? Un DVD live ?…"Jump Jump, Jump!" »





photos de s~revenge & coteko



L'Arc~en~Ciel (ラルク アン シエル, raruku an shieru) est un des groupes de rock japonais les plus influents de la scène musicale japonaise. Aussi appelé Laruku "ラルク"(prononciation japonaise abrégée de L'Arc~en~Ciel), le groupe est initié en 1991 par Tetsu (basse) qui est aussi le leader. C’est Tetsu qui a trouvé le nom du groupe après avoir vu un film français du même nom. D'emblée, le groupe rencontre beaucoup de succès, et ses concerts dans les live houses rassemblent de plus en plus de fans. Leur passage au Zenith de Paris le 09/05/2008, est leur premier live en Europe. L'arc en Ciel est l'un des groupes les plus populaires en France dans la communauté "sectaire lol" des fans de Japanimation. Il suffit pour beaucoup d'avoir été fan de l'animé GTO pour connaitre L'arc en ciel puisqu'ils ont signés le fabuleux opening Driver's high.

(http://www.myspace.com/larcenciel)
(http://www.larc-en-ciel.com/jp/information/20th/)
(http://www.hyde.com/index2.html)
(http://id-id.facebook.com/pages/LarcenCiel/12039028077)





 Albums
DUNE (April 27, 1993)
Tierra (July 14, 1994)
heavenly (September 1, 1995)
True (December 12, 1996)
HEART (February 25, 1998)
ark (July 1, 1999)
ray (July 1, 1999)
REAL (August 30, 2000)
SMILE (March 31, 2004)
DUNE 10th Anniversary Edition (April 21, 2004)
AWAKE (June 22, 2005)
KISS (November 21, 2007)

Compilations

Clicked Singles Best 13 (March 14, 2001)
The Best of L'Arc-en-Ciel 1994-1998 (March 19, 2003)
The Best of L'Arc-en-Ciel 1998-2000 (March 19, 2003)
The Best of L'Arc-en-Ciel C/W (March 19, 2003)
Quadrinity ~Member's Best Selections~ (March 10, 2010)




Hyde - vocals, guitar (1991–present)
* Originally used the name HIDE.
Tetsuya Ogawa (Tetchan) - bass, backing vocals (1991–present)
* Originally used the name TETSU, then tetsu.
Ken Kitamura (Ken-chan) - guitar, backing vocals (1992–present)
Yukihiro Awaji (Yukkie) - drums (1998–present)






La Setlist du Concert
L'ARC~EN~CIEL (ラルク)


01. Get out from the shell -asian version-
02. Driver's High
03. Killing Me

-hyde MC-

04. DRINK IT DOWN
05. Daybreak's Bell
06. Winter fall
07. Kasou
08. My Dear
09. Forbidden lover
10. MY HEART DRAWS A DREAM
11. Caress of Venus
12. REVELATION

-ken MC-

13. SEVENTH HEAVEN
14. Pretty girl

-tetsu MC-

15. STAY AWAY
16. READY STEADY GO

-yukkie MC-

17. NEO UNIVERSE
18. HONEY
19. Link

-hyde MC-

20. Anata

La durée du concert : 1h50

AFFICHE / PROMO / FLYER